Kinésithérapie respiratoire et bronchiolite

Publié le 3 Décembre 2012

Kinésithérapie respiratoire et bronchiolite

Des récentes études en 2011 remettent en question l'utilité de la kinésithérapie respiratoire dans la bronchiolite du nourrrisson,

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD004873.pub4/abstract

, tandis qu'en 2009 on démontrait l'inverse :

http://www.srlf.org/rc/org/srlf/htm/Article/2011/20110808-093403-406/src/htm_fullText/fr/0912-Reanimation-Vol18-N8-p734_736.pdf

Pour ma part, je reste persuadé qu'un kinésithérapeuthe rodé à cet exercice, pourra -notamment dans des cas assez sévères-apporter une aide notable. Sans compter sur la précieuse surveillance parfois quotidienne que le kiné met en place, qui contribue parfois par cette surveillance à éviter une hospitalisation.

Lire aussi :en téléchargeant cette présentation

et http://www.ecosante.fr/index.php?langs=FRA&langh=FRA&sessionid=

Suite à mon article et aux différentes remarques des médias ce jour, veuillez trouver ci dessous, un commentaire type "droit de réponse" d'un des syndicats de kiné, adressé par un des mes correspondants kiné.

je cite : "Communiqué de presse du 4 décembre 2012

Bronchiolite du nourrisson : pourquoi la kinésithérapie

est-elle toujours recommandée ?

Comme tous les ans, et alors que le pic de l’épidémie de bronchiolite du nourrisson se profile, la revue Prescrire tire à boulet rouge sur les kinésithérapeutes. En effet, la kinésithérapie respiratoire serait « inefficace », et présenterait des « effets indésirables » potentiellement graves. Qu’en est-il réellement ? La revue Prescrire se base-t-elle sur de nouvelles études, portant sur les nourrissons pris en charge en ville ?

La métanalyse Cochrane (1) sur laquelle se base la revue Prescrire porte sur 9 études internationales qui ont, pour 5 d’entre elles, évalué les techniques anglo-saxonnes (drainage de posture, clapping), qui ne sont plus recommandées en France depuis 1994. Les études portant sur les techniques dites francophones comme l'augmentation du flux expiratoire ont été faites en milieu hospitalier, avec comme critères de jugement le délai avant guérison, le délai avant stabilité clinique ou des scores de sévérité clinique. Or, la kinésithérapie respiratoire n'a jamais revendiqué de "guérir" la bronchiolite, qui est due à un virus contre lequel aucun moyen thérapeutique n'est efficace (2). Son objectif est d'améliorer la tolérance de la maladie par le nourrisson et d'améliorer sa qualité de vie. Ainsi, selon une étude réalisée en Aquitaine à partir de 4431 bilans établis par des kinésithérapeutes lors de l'épidémie 2010/2011, 55% des nourrissons présentant des difficultés alimentaires avant la première séance de kinésithérapie respiratoire n'en présentaient plus le lendemain de la séance (3).

En outre, on peut s'interroger sur les effets délétères rapportés par la revue Prescrire : les vomissements et les déstabilisations respiratoires, bien qu’exceptionnelles, peuvent se produire à l'hôpital où les nourrissons traités sont en général très jeunes et en état de détresse respiratoire. Aucune donnée n'est rapportée sur la prise en charge en ville où les nourrissons sont plus grands et ou ces complications peuvent être évitées par des moyens simples que tous les kinésithérapeutes ayant suivi une formation connaissent (séance à distance des repas, critères cliniques d'hospitalisation...).

Contrairement aux allégations de la revue Prescrire, les fractures de côtes ont fait l'objet d'une étude sur 5000 cas de nourrissons traités en kinésithérapie. Cette étude FRA CO NOU, qui n'a révélé aucun cas de fracture de côte, a été validé par le Congrès de Pneumologie en Langue Française de la SPLF en janvier 2009 à Lyon.

De plus, aucune plainte pour ce motif n'a été traitée par le Conseil de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, pas plus que par les différents réseaux "bronchiolite" existant en France.

De plus, le kinésithérapeute a un rôle de surveillance et d'éducation des familles qui permet, dans une période où sévissent les épidémies hivernales (grippe, gastro-entérite), de soulager les médecins de ville et les urgences hospitalières, très sollicités, et d’apporter une réponse à l’inquiétude des familles, ce d'autant plus qu'aucun traitement médicamenteux n’a pour l’instant fait la preuve de son efficacité (2). Il est par ailleurs étonnant de ne rien lire dans la revue Prescrire au sujet du niveau encore élevé de prescriptions d'antitussifs, antibiotiques et autres muco fluidifiants qui, dans le cadre de cette pathologie virale, ne sont pas efficaces et vont à l'encontre des recommandations de la conférence de consensus ANAES 2000 et des recommandations de l'AFSSAPS (ANSM) qui y voit même parfois des contre-indications chez les enfants de moins de deux ans.

En conclusion, cet article de la revue Prescrire reprend des études qui portent sur des populations de nourrissons hospitalisés extrêmement jeunes et fragiles, non représentatifs des nourrissons pris en charge en ville. Chez ces derniers, la kinésithérapie a vocation à améliorer la tolérance de la maladie et la qualité de vie (alimentation, sommeil, toux...). Les effets potentiellement négatifs comme les fractures de côtes ne sont pas démontrés, ou peuvent être facilement évités pour ce qui concerne les vomissements et les déstabilisations respiratoires. Il reste donc à faire une étude scientifique sur la population des nourrissons pris en charge en ville, en se posant la question non pas du délai de guérison, mais de l'amélioration de la tolérance de la maladie et de la variation du taux de recours hospitalier. En attendant cette étude, la kinésithérapie respiratoire reste, en l’état actuel des connaissances, le traitement recommandé pour les nourrissons non hospitalisés (2).

1. Chest physiotherapy for acute bronchiolitis in paediatric patients between 0 and 24 months old (Review -2012)

2. Prise en charge de la bronchiolite du nourrisson. Conférence de consensus ANAES 2000

3. Marik FETOUH, Place du kinésithérapeute dans la prise en charge de la bronchiolite aiguë virale, 10ème Congrès international de pneumologie pédiatrique, 25-27 juin 2011

Stéphane MICHEL Président du SNMKR, Président de l’Union 06.22.16.13.24 "

fin de l'extrait-

Pour ma part, comme je le disais en préambule, je continue à prescrire quand je le juge utile

Dr F Dussauze

médecin généraliste 92 1 14562 9

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée.

Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

Rédigé par Dr Frédéric Dussauze

Publié dans #a mon humble avis..., #controverses, #Pédiatrie

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